
«Mon père Philip et moi sommes des bricoleurs. Nous avons construit cette réplique d'un grand-bi à partir de zéro en utilisant une photo de bonne qualité obtenue sur Internet que nous avons décortiquée. Nous sommes des débrouillards qui adorons fabriquer des objets. Peu de choses nous résistent sur le plan de la réparation ou de la fabrication. Que ce soit des objets amusants de ce genre ou des outils spécialisés que nous utilisons pour le travail, nous aimons passer du temps dans notre garage à réparer des objets. »
Le grand-bi est la première bicyclette métallique jamais fabriquée. Elle a vu le jour dans les années 1860. La roue la plus grande, à l'avant, a été créée pour obtenir une circonférence maximale. Cette grande roue permettait aux cyclistes de parcourir une plus grande distance par tour de pédale. Les bicyclettes modernes sont pourvues d'engrenages. Cette conception a précédé les systèmes à chaîne et engrenages de 15 à 20 ans. Ils n'avaient tout simplement pas encore été inventés.
À cette époque, le grand-bi était utilisé comme moyen de transport, par plaisir et pour les courses. On a même affirmé qu'un grand-bi pouvait battre un cheval à la course. Cet animal était alors le moyen de transport le plus rapide mis à part les trains à vapeur. Nous avons vraiment aimé réaliser ce projet ensemble et nous prenons plaisir à l'utiliser et à le présenter aux gens.
Magnifique projet, messieurs! Merci de nous en avoir fait part !
Voyez-le en action :ici
Q : De quoi s'agit-il ?
R : Mon père a rêvé pendant 50 ans de construire et d'enfourcher un grand-bi. Nous voulions fabriquer la réplique la plus fidèle qui soit des grand-bi de l'époque. Cette photo de famille a été prise pour notre carte de Noël annuelle. Nous essayons de choisir un nouveau thème chaque année. Mon père avait revêtu un costume de " Scrooge " pour l'occasion. Le grand-bi a été construit à partir de pièces recyclées. Le cadre, la fourche et la jante de la bicyclette ont été fabriqués à partir de tuyaux chromés de forte épaisseur qui proviennent d'une boutique de vêtements ayant fermée ses portes. Le moyeu, utilisé à l'origine sur un monocycle, a été coupé et allongé de 8 po. Le cadre principal a été courbé à l'aide d'une cintreuse 16 tonnes de Princess Auto. La jante a été coupée grâce à une scie à ruban métallique de Princess Auto et à un gabarit spécial fabriqué à la main pour couper le tuyau parfaitement au centre.
Q : Quels sont les éléments de man�uvre de votre projet ? (p. ex., soupape(s) de commande hydraulique(s), interrupteurs électriques, etc.)
R : Tout relève de la mécanique. Le frein se compose de deux leviers montés sur deux articulations séparées qui, une fois tirés, exercent simplement une pression sur le pneu. La maniabilité posait aussi de grands défis. Le rayon de braquage est limité parce que quand on se tourne, le corps reste stationnaire sur le cadre mais la roue pivote en-dessous. Quand le rayon se resserre, la roue s'éloigne du cadre et commence à frotter contre l'entrejambe. Nous avons appris que lorsque le rayon de braquage est court, il faut soulever le côté extérieur de la jambe de la pédale pour permettre d'effectuer des virages serrés sans user ses pantalons. Vous devez aussi faire preuve d'une grande prudence et éviter les grosses fissures ou irrégularités dans les chaussées ou les trottoirs pour ne pas que le grand-bi se défasse et perde sa roue arrière ce qui entraînerait inévitablement une chute du cycliste par basculement vers l'avant. L'unique solution consiste à se pencher vers l'arrière et à pédaler beaucoup plus rapidement pour réenclencher la roue arrière. Cela ressemble un peu à ce que l'on doit faire quand une motocyclette vacille et qu'il faut accélérer, une action contre-intuitive sur le plan de la logique. La conception du guidon permet aux jambes de bouger vers le haut et le bas sans heurts, mais cela vous retient prisonnier dans l'éventualité où vous souhaiteriez sauter de la bicyclette lors d'un basculement vers l'avant. Le guidon a été délibérément conçu d'une telle largeur pour permettre au cycliste de manier et contrôler les extraordinaires survirages causés par la force exercée par chaque coup de pédale vers le bas, qui fait tourner la roue dans la direction contraire de la course.
Q : Quels défis de conception/construction avez-vous dû surmonter ?
R : Le plus gros défi a été la construction de la roue. Elle devait être suffisamment solide pour supporter le poids du cycliste, et pouvoir résister aux routes cahoteuses. Après avoir coupé le tuyau sur le sens de la longueur et l'avoir façonné autour d'une table de banquet, nous avions une jante. Les rayons sont faits de deux rayons de 12 pouces réunis à l'aide de mamelons extra longs. Il a été difficile de cintrer l'armature pour obtenir un rayon uniforme. Le moyeu qui se trouvait à l'origine sur un vieux monocycle a été coupé et allongé de 8 pouces. Dix-huit trous supplémentaires ont été percés de chaque côté entre les 18 trous existants sur les flasques de moyeu pour permettre à plus de rayons de supporter le poids du cycliste. Le cadre a été soudé par procédé MIG à l'aide d'un fil de 0,030 po. Pour installer le pneu en caoutchouc, nous avons utilisé trois très vieux pneus de fauteuils roulants et avons fabriqué un serre-joints spécial en mesure de tirer le fil interne de calibre 10 pour le serrer fermement dans le pneu. L'un des principaux obstacles auxquels nous avons été confrontés a été de surmonter la peur ressentie au moment d'enfourcher le grand-bi pour en faire l'essai. Nous risquions des blessures sérieuses ou pires encore en cas de chute d'une telle hauteur. Après beaucoup de pratique nous avons pu nous déplacer en grand-bi sans risque.
Q : Parlant d'essais sur route, comment procédez-vous pour monter sur le grand-bi et en descendre (sans avoir à agripper la branche d'arbre la plus près) ?
R : Il est très complexe de monter sur le grand-bi et d'en descendre ! Mon père qui a maintenant 76 ans éprouve des difficultés à monter sur le grand-bi et à en descendre en raison de son manque de souplesse. Il utilise maintenant un petit tabouret escabeau pour l'aider dans sa démarche. Je lui donne aussi un petit coup de pouce supplémentaire. Je suis capable d'enfourcher le grand-bi et d'en descendre par moi-même. Le processus s'apparente plus ou moins à une tentative désordonnée de se hisser sur un énorme scooter ! Il faut d'abord agripper le guidon des deux mains. On doit ensuite se donner un élan de départ pour créer un mouvement vers l'avant crucial à la réussite du geste ! Ce dynamisme crée une force gyroscopique qui contribue à stabiliser toute la roue du grand-bi en réduisant le risque de basculer vers la gauche ou la droite. Il faut ensuite mettre une jambe au-dessus du repose-pied arrière et se pousser vers l'avant à quelques reprises pour conserver la vitesse. On doit faire suivre le tout d'une projection du corps rapide et parfaitement synchronisée vers l'avant avec un étirement instable du pied droit supporté par le repose-pied pour soulever le corps juste assez au-dessus de la selle de manière à permettre au pied gauche de venir en contact avec la pédale gauche effectuant une course vers le bas pour aider à conserver la poussée vers l'avant. Et, finalement, il faut enlever la jambe droite du repose-pied et attraper la pédale droite dans sa course descendante. Et c'est parti ! La descente s'effectue pratiquement de la même manière mais en sens inverse ! Elle exige un long étirement instable et à l'aveugle vers l'arrière de la jambe dominante pour trouver le repose-pied et un soulèvement rapide du corps de la selle pendant que le grand-bi roule encore vers l'avant pour éviter de faire une chute. Ces actions doivent être suivies par une descente rapide.
Q : Si vous deviez le bâtir de nouveau, que feriez-vous différemment ?
R : Nous utiliserions une paroi plus épaisse et un tube d'un plus grand diamètre pour bâtir l'armature du grand-bi.
Q : Lequel des emplacements de Princess Auto fréquentez-vous le plus ?
R : Scarborough, en Ontario